Gagner du temps n’est pas toujours qu’une question d’outils, d’applications ou de super techniques. C’est aussi le fait de ne pas en perdre. Et parmi les choses qui font perdre beaucoup de temps, il y a le dénommé perfectionnisme. Si tu es touché(e) par ce syndrome alors cet article est fait pour toi !

Les détails font la perfection et la perfection n’est pas un détail.

Léonard de Vinci

 

Moi, perfectionniste ?

Tu es concerné(e) si tu as le souci du micro détail, si tu te casses la tête sur la tournure de tes phrases quand tu écris ou si tu passes des heures à choisir un vêtement en magasin afin qu’il t’aille à merveille…

Bref, tu es perfectionniste si tu es dans une recherche excessive de perfection.

L’idée n’est pas ici de rechercher le pourquoi. On peut néanmoins avancer plusieurs pistes :

  • besoin de reconnaissance, d’estime
  • manque de confiance en soi
  • peur du regard des autres,  peur de leur jugement
  • besoin de se démarquer
  • peur d’échouer

N’hésite pas à prendre un moment pour réfléchir aux raisons qui te poussent à être dans la perfection :

  • que représente-t-elle pour toi?
  • qu’est-ce que cela cache?
  • qu’est-ce qui t’empêche de lâcher prise?
  • de quoi as-tu peur ?

Le perfectionnisme peut s’apparenter à un lourd fardeau, avec son lot de problèmes dont voici une petite liste :

  • perte de temps, difficulté à avancer dans ses projets
  • procrastination
  • épuisement, burnout
  • fait de tout le temps douter de soi, de ses capacités
  • sentiment de n’être jamais à la hauteur, dévalorisation de soi
  • insatisfaction fréquente voire permanente
  • incapacité à déléguer
  • pensées négatives
  • stress qui peut être très délétère pour la santé
  • ….

Et la liste n’est pas exhaustive !

Donc, il peut être vraiment pertinent de se pencher sur le problème même si on n’a pas envie de le faire car on a la croyance que c’est insurmontable.

Quand il n’y a que toi qui voit la différence :

En fait, ce que je trouve vraiment démoralisant avec le perfectionnisme, c’est qu’il n’y a que toi (ou presque) qui voit la différence entre la perfection de ton travail et un équivalent qui aurait été juste bien fait.  Pour moi, perfectionnisme rime avec sur-qualité. C’est comme s’il y avait une barre à atteindre pour remplir le contrat et que la personne perfectionniste perdait du temps et de l’énergie à dépasser cette barre sans que personne ne se rende compte de la plus-value apportée, ni de l’effort accompli.

Il faut bien voir que ce qui est parfait pour toi ne l’est pas nécessairement pour les autres. Par exemple, quand tu publies un post sur Instagram, tu vas peut-être t’attacher à avoir la plus belle photo quand d’autres vont accorder de l’importance à la qualité du texte qui accompagne ta publication. Quand tu invites des amis à déjeuner, tu vas peut-être passer un max de temps à ranger, nettoyer ton intérieur, dresser une magnifique table quand tes amis seront avant tout sensibles à la convivialité ou à la qualité du repas.

Vraiment démotivant n’est-ce pas ?

En fait, nous avons tous une perception de la réalité qui nous est propre. C’est comme si chacun portait une paire de lunettes avec des filtres différents. On ne va pas tous être attentifs aux mêmes choses.

C’est certainement à cause de ça que j’ai fini par prendre ce problème à bras le corps. Tout simplement parce que mes efforts pour atteindre la perfection n’étaient pas reconnus à leur juste valeur. Le fait de travailler dans un milieu professionnel sous haute pression a eu l’avantage de m’obliger à être moins perfectionniste. C’était ça ou je m’épuisais et j’allais droit dans le mur !

Parmi toutes les actions qu’il est possible de mettre en place, en voici quatre que j’applique et qui me sont très utiles.

Ne craignez pas la perfection. Vous n’y parviendrez jamais.

Salvador Dali

 

1er conseil = 2 questions magiques à se poser :

Une bonne façon de faire bien sans en faire trop, est tout d’abord de se demander : « est-ce que ça fait le job ? »  Si oui, alors ne cherche pas à en faire plus. Économise ton temps et tes forces et passe à autre chose.

Dans le cas présent, je pourrais passer des heures à écrire cet article, à peaufiner chaque tournure, à changer certains mots, à chercher de plus belles photos…Mais non ! Au bout d’un moment, après deux ou trois relectures, je vais me confronter à ma question magique et je vais me dire : « ok, ça le fait, je publie » !

Ensuite, la 2ème bonne question magique à se poser est : « combien de temps la tâche que je dois effectuer mérite-t-elle que j’y consacre ? » En effet, on passe parfois beaucoup de temps sur des choses qui ne sont finalement pas super importantes.

Par exemple, je dois envoyer le compte rendu de la dernière réunion aux participants. C’est clair qu’il faut que les informations utiles y soient ainsi que les prochaines étapes. Mais entre nous, ce n’est qu’une formalité, qu’un moyen de graver dans le marbre ce qui a été dit. La plupart des personnes présentes ne vont pas le lire étant donné qu’elles ont elles-mêmes pris des notes. Donc, de mon point de vue, il est nécessaire d’y consacrer le juste temps, surtout pas plus. Autant que je m’occupe de tâches bien plus importantes.

2ème conseil = s’imposer des deadlines :

Dans la même veine que la question précédente, l’idée est de se mettre dans une situation où on n’a pas d’autres choix que de finir à une heure précise même si ce n’est pas parfait. Pour cela, entraîne-toi sur un sujet où tu estimes que tu en fais toujours trop alors que, si tu es vraiment honnête avec toi-même, ce n’est pas la fin du monde si ce n’est pas topissime.

Imagine que tu reçois tes beaux-parents pour le déjeuner. Tu sais que ta belle-mère va tout scruter et ne pas hésiter à te faire des remarques si nécessaire. Toi, en tant que perfectionniste, tu te démènes toujours pour que tout soit nickel, ce qui te demande beaucoup de temps et t’épuise. Et bien cette fois, tu te mets la contrainte de démarrer la cuisine et les divers préparatifs, non pas la veille comme d’habitude, mais à 9h et d’avoir terminé à midi que ce soit parfait ou pas. Bref, tu t’imposes une deadline. Ok, tu ne vas pas récolter les louanges habituelles mais tu vas économiser plusieurs heures et ne pas finir la journée sur les rotules. N’est-ce pas tout aussi important ?

3ème conseil = abuser de la loi de Pareto :

Qu’est-ce que dit cette loi?

Elle vient de Vilfredo Pareto et dit que 80% des :

  • richesses d’un pays sont détenues par 20% de la population
  • réclamations sont générées par 20% des clients
  • bugs dans un programme informatique sont dus à 20% des codes

De la même façon : 80% de nos résultats proviennent de 20% de nos efforts. Oui, tu as bien lu ! 20% seulement ! C’est certainement là une des principales clés des gens qui avancent dans leurs projets et réussissent !

Par exemple, il y a une présentation orale à faire qui nécessite de créer un support sous Powerpoint :

  • La personne perfectionniste va s’appliquer à écrire de belles phrases, va soigner la forme, les jeux de couleurs, les illustrations…. Temps total = 2 heures.
  • A contrario, la personne Pareto va juste écrire quelques mots clés et opter pour une esthétique très sobre, monochrome, avec seulement quelques photos placées par ci par là et basta. Temps total = 30 minutes.
  • Résultats : les 2 personnes font une magnifique prestation orale car elles sont très à l’aise en public. Au sein de l’auditoire, certains auront apprécié les belles illustrations de la 1ère quand d’autres auront accroché avec le minimalisme de la 2ème. Et surtout, au final, la personne Pareto aura économisé 1H30 de travail versus la personne perfectionniste !

Comment utiliser cette loi à bon compte ?

Voici ce que je te propose :

  • Faire le point sur toutes les actions que tu mènes
  • Te demander pour chacune si vraiment elle te permet un réel « retour sur investissement »
  • Si tu ne la faisais pas, est-ce que ce serait la fin du monde ? Que se passerait-il ? Quels risques prends-tu à ne pas la faire ? N’essaye pas de te trouver des excuses. Sois le(la) plus honnête et objectif(ve) possible avec toi-même.
  • Puis sélectionne les actions qui vont t’apporter le plus de résultats. Cela demande donc de lâcher prise sur les 80% sans réel impact !
  • Pour les actions restantes, à toi de voir si tu peux en réduire le temps, déléguer ou carrément les supprimer.

Pas facile ! Je sais. Mais si tu cours après le temps, c’est qu’il y a quelque chose à changer, un nouveau fonctionnement à actionner, pas vrai ? Donc, n’hésite pas à planifier ce moment de réflexion dans ton agenda. Tu vas avoir l’impression de perdre du temps à réfléchir alors qu’in fine, tu vas vraiment en gagner !

Et pour aller plus loin sur cette loi, voici un article sur le sujet ainsi qu’un livre que je te recommande : « la semaine de 4 heures ». Son auteur, Tim Ferriss, a su exploiter Pareto à merveille. Attention, je te préviens, ça décape !

La folie est de toujours se comporter de la même manière et de s’attendre à un résultat différent.

Albert Einstein

4ème conseil = se féliciter :

On sait très bien se flageller quand on fait des erreurs, quand on n’est pas content de soi mais on oublie d’apprécier notre travail quand il est bien fait.

Si tu es perfectionniste, tu ne vois généralement que les défauts, les petits trucs de travers…que les autres ne remarquent même pas.

Et bien, à partir de maintenant, je t’invite à considérer ton travail d’un autre œil, à changer de paire de lunettes et à voir tout ce qui va bien. Ok, il y a ce micro détail qui t’embête mais qu’en est-il de tout le reste ? Est-ce que ça fait le job ? Si oui, apprécie, réjouis-toi, félicite-toi ! Ça fait tellement de bien !

Pour cela, tu peux mettre un place un rituel qui consiste, tous les soirs, à passer en revue tout ce dont tu peux être fier(e). Ou alors carrément tenir un journal où tu écris noir sur blanc tes succès, tes réussites, tes fiertés de la journée.

En conclusion sur le perfectionnisme :

Je me doute que tu ne vas pas lâcher totalement prise du jour au lendemain. Mais j’espère que cet article t’a permis d’appréhender tous les avantages que tu gagneras à être moins perfectionniste. J’espère sincèrement qu’il t’a donné envie de faire les choses autrement.

Comme je l’écrit souvent dans mes articles, à un moment donné, ce qui compte et fait la différence, c’est de passer à l’action. Alors ose être imparfait(e) !

Être heureux ne signifie pas que tout est parfait. Cela signifie que vous avez décidé de regarder au-delà des imperfections.

Aristote

Et je compte sur toi pour m’en dire des nouvelles 😉

Au plaisir de te lire.

Delphiane

Crédit photos : Andrea Piacquadio – energepic.com – Anna Shvets

Perfectionnisme : 4 conseils pour en sortir
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20 avis sur « Perfectionnisme : 4 conseils pour en sortir »

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    Très bel article ! Je suis moi même perfectionniste et c’est pas simple à gérer tous les jours 🙂 merci pour vos conseils précieux. Cela fait du bien pour attaquer une bonne semaine. Amicalement. Hedi.

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      J’en suis ravie si cela t’aide! Parfois, il est difficile de tout mettre en place alors n’hésite pas à commencer par le conseil qui te parle le plus, celui avec lequel tu te sens le plus à l’aise ou celui dont tu penses qu’il va avoir le plus d’impact pour toi. Sur ce, très belle journée. Delphiane

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    merci pour ces conseils, à appliquer chaque jour ! je l’y reconnais bien et j’essaie de lâcher prise un peu plus chaque jour 😊

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      Merci Caroline pour ce partage. Lâcher prise est en effet un des mots d’ordre! A un moment donné, il faut effectivement céder sinon, on pourrait passer des heures sur chaque chose que nous avons à faire. Or, la vie est courte ;)!

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    J’adore ! Il y a 2 phrases qui me permettent de lutter contre cette quête frustrante de perfection :
    1. Le mieux est l’ennemi du bien (ça, c’est mon papa)
    2. Perfect is boring (ça, c’est un collègue prof de yoga).

    J’y pense très souvent et ça me libère incroyablement 😀

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      Merci beaucoup pour ce partage! Deux citations excellentes!! C’est top si tu as tes gardes fous. Très belle journée à toi. Delphiane

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    Article qui tombe pile poil : je suis en train de compléter le doc word qui va avec la leçon “valider votre idée de blog” et j’ai déjà failli perdre de vue mon objectif, 100 fois au moins ! Donc, je passe tout de suite aux TP et m’arrêterai quand j’aurai fait le job 😉

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      Je suis ravie que mon article arrive à point nommé! En effet, ne pas perdre son objectif de vue est primordial! Ainsi que de passer le juste temps sur chaque tâche ;). Très belle journée à toi. Delphiane

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    Article très intéressant de par son angle de vue… Le perfectionnisme est trop souvent vu comme une qualité et pas assez comme un handicap dans la vie. Merci pour cet éclairage 😊

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      Merci Nicolas pour ton partage! Et oui, chaque qualité a son revers de médaille. Et si le perfectionnisme est excessif, cela est très dommageable à plusieurs niveaux : productivité, énergie, santé, estime de soi…Bonne journée. Delphiane

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    Merci pour ce bel article. J’ai commencé ce travail sur moi-même en début d’année. Le chemin est long 🙂

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      En effet Christine, le chemin est long! Difficile de lâcher pas prise comme ça du jour au lendemain. En tout cas, je sais que c’est possible puisque j’ai été moi-même une grande perfectionniste! Ce qui m’a beaucoup aidé à m’améliorer, c’est la prise de conscience de tous les inconvénients que cela représentait : temps perdu, épuisement, pas plus de reconnaissance pour autant… puis la mise en pratique de mes 4 conseils. Et ça m’aide toujours aujourd’hui 😉

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    Merci pour cet article! Je trouve que les conseils donnés sont abordables et facilement applicables (à petites doses, en effet, les habitudes liées au perfectionnisme ne se perdent pas en une seule fois ).

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      Merci Aude pour ce partage! En effet, on ne se sort pas du perfectionnisme du jour au lendemain. Le tout est d’en avoir conscience, d’avoir aussi conscience des préjudices que cela peut nous causer, puis de mettre en place de premières petites actions. Le tout est de ne pas lâcher! En tout cas, cela est possible puisque je suis passée par là 😉

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    Bonjour,
    Bravo pour cet article, en ce qui me concerne je décide d’appliquer la loi de Pareto à 200 % !
    Avant de me lancer dans quelque chose j’essaie de voir si cela vaut vraiment le coup. J’ai aussi appris à lâcher prise pour ce qui n’est pas important. Ce n’est pas toujours facile (surtout quand on est perfectionniste) mais cela en vaut vraiment la peine. Surtout quand on est en pleine vie active. Il n’y a plus le temps pour les choses sans importance.
    Personnellement c’est la simplification de ma maison et de son fonctionnement qui a rendu tout cela possible.

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      Bravo Mylène! Je suis contente d’avoir ton retour d’expérience sur la loi de Pareto! C’est un outil magique, hyper efficace qui vaut vraiment le coup d’être mis en place, même si au début, ce n’est pas toujours évident 😉

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    Merci pour cet article (je me sens très concernée hahaha!)
    Je pense qu’une personne perfectionniste aura du mal à se poser les 2 questions magiques que tu proposes en numéro 1 : “est ce que ça fait le job?” et “combien de temps cela mérite-t-il?”. En effet, la réponse est très subjective. Si on est perfectionniste, c’est justement parce qu’on n’arrive pas à répondre à ces deux questions… Si on en était capable, on ne serait pas perfectionniste LOL. Par exemple, pour moi, un article que je rédige “ça le fait” jamais tant que je n’ai pas envisagé toutes les possibilités d’erreur ou d’incompréhension que l’article peut générer. La question du temps m’importe peu car je suis généralement très efficace, donc je me la pose rarement…
    Pour ma part, je fais plutôt les 3 autres techniques que tu proposes! MERCI d’ailleurs pour ces rappels importants!

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      Merci Laura pour ton partage! Pas de souci si tu ne te sens pas à l’aise avec mes 2 questions magiques. En fait, elles m’ont beaucoup aidé à partir du moment où j’ai compris et intégré les impacts très néfastes de mon perfectionnisme. Mais il est vrai que cela nécessite d’arriver à prendre du recul;). Je les ai aussi utilisées, surtout la 1ère, avec des collègues qui ont un penchant pour la perfection et j’avoue que cela s’est avéré efficace pour les aider à remettre les choses à leur juste place. Et bravo à toi si tu mets déjà en place les 3 autres techniques!!

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    Merci beaucoup pour cet article! Je suis hyper perfectionniste et c’est parfois difficile à vivre. Mais je m’améliore avec le temps. Une phrase qui m’avait beaucoup aidée aussi c’est: “Better done than perfect!”. Depuis que j’essaie de penser de cette manière, je stresse beaucoup moins quand tout n’est pas parfait. Une autre chose qui m’a beaucoup aidée a relativiser c’est de penser: “Qu’est-ce qui est le plus important pour moi? La réponse est bien sûr: mes filles. Du coup, tant qu’elles sont bien, si la maison est sale, ou que que des choses ne sont pas faites à temps, je laisse couler. Je vais continuer à te suivre, ton blog a l’air très chouette! A bientôt!

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      Merci Noëlle pour ce partage et bravo à toi car je vois que tu as mis en place de très bons outils pour contrer ton perfectionnisme! Remettre “l’église au milieu du village” est une excellente solution! Très belle journée à toi. Delphiane

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